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La sélection marocaine masculine de football, adversaire des Bleus en quart de finale de la Coupe du monde ce jeudi 9 juillet, abrite une fois de plus des joueurs nés et formés en France, un pays qui envoie dans les autres sélections un nombre inédit de footballeurs, notamment issus de Paris et de sa région.

La France et la région parisienne, viviers hors normes du football mondial La sélection marocaine masculine de football, adversaire des Bleus en quart de finale de la Coupe du monde ce jeudi 9 juillet, abrite une fois de plus des joueurs nés et formés en France, un pays qui envoie dans les autres sélections un nombre inédit de footballeurs, notamment issus de Paris et de sa région. Publié le : Modifié le : Ayyoub Bouaddi est un jeune homme hors du commun. Né le 2 octobre 2007 à Senlis, dans l'Oise, il a suivi une scolarité exceptionnelle, de Creil à Chantilly, dans sa Picardie natale. Elle l'a conduit dès 2024, du haut de ses 16 ans, à obtenir un bac scientifique avec mention très bien. Depuis, le brillant adolescent s'est lancé dans une licence de mathématiques à distance. Et au milieu de tout cela, il a même remporté un concours d'éloquence à l'Élysée en 2023. Cela suffirait déjà lui adresser des louanges, mais le fait est qu'Ayyoub Bouaddi officie également comme footballeur professionnel. Milieu de terrain, il a rejoint la formation lilloise en 2021, et a été lancé avec les pros du Losc dès 2023, intégrant rapidement l'équipe première pour ne plus la quitter. Il compte déjà une soixantaine de matches à son actif, dont quelques apparitions en Ligue des champions. Le jour de ses 17 ans, il affrontait le Real Madrid de Kylian Mbappé. International français dans différentes catégories de jeunes, il a porté le brassard de capitaine chez les U21 à plusieurs reprises. C'était notamment le cas en mars dernier au Luxembourg. Quelques jours plus tard, il était encore aligné dans l'entrejeu par Gérald Baticle, pour une victoire contre l'Islande en match de qualification pour l'Euro. Mais ce jeudi 8 juillet à Foxborough, Ayyoub Bouaddi, 18 ans désormais, jouera contre la France, avec le Maroc, sous les ordres de Mohamed Ouahbi. Dès le premier match contre le Brésil des Lions de l'Atlas, demi-finalistes de la dernière édition au Qatar, il impressionnait d'ailleurs déjà tout le monde. Il a été titularisé lors de quatre des cinq premières rencontres disputées jusqu'ici par les Marocains. Sans rancune pour les Bleus, « fournis dans ce secteur », a rappelé cette semaine Guy Stéphan, l'adjoint de Didier Deschamps, qui n'a même pas retenu Corentin Tolisso, tant la concurrence fait rage aujourd'hui chez les Bleus. Le pays de naissance du plus grand nombre de joueurs Cette Coupe du monde est plus que jamais celle des diasporas. Ayyoub Bouaddi n'est pas le seul Marocain à ne pas être né dans le pays qu'il représente, puisque sur ses 25 coéquipiers, 18 autres se trouvent dans la même situation. Son capitaine Ashraf Hakimi, tombeur de son pays de naissance et de formation, l'Espagne, aux tirs au but lors des quarts de finale de la dernière édition, constitue le cas le plus emblématique. Mais cette sélection abrite aussi d'autres Français. En 2018, les champions du monde tricolores avaient peu apprécié que l'on pointe dans leurs rangs, en Croatie ou dans l'Hexagone même, le nombre de bi voire trinationaux. Mais cette affaire cachait en réalité une donnée particulièrement éclairante sur la place que la France, et sa région capitale en particulier, occupent désormais sur l'échiquier du football mondial. Sur 23 joueurs, l'année de leur sacre en Russie, si les Bleus abritaient 21 joueurs nés en France et deux nés à l'étranger, les autres sélections décomptaient déjà 29 footballeurs nés en France au total. Il y avait donc 50 natifs français parmi les 32 nations qualifiées, sans compter les entraîneurs. Le Brésil, deuxième à ce jeu-là, n'en produisait que 28 au total. Par ailleurs, huit Bleus venaient de Paris et de ses environs. Or, c'était le cas également de huit autres dans les sélections adverses (dont Guerreiro, pour le Portugal, par exemple). Cinquante joueurs nés en France sur 736 en 2018 (près de 7%), dont seize rien qu'à Paris ou dans sa banlieue proche et lointaine. Ces chiffres étaient inédits, n'empêchant en rien la France de rayonner sportivement, puisqu'il s'agissait en réalité d'une conséquence du niveau phénoménal affiché par la sélection nationale. Et l'édition en cours, la première à regrouper 48 équipes, abritant chacune trois joueurs de plus qu'à l'époque (26 contre 23), confirme la donne actuelle. Sur les 1 248 joueurs engagés au Mondial cette année, si 289 sont nés en dehors du pays pour lequel ils jouent, 99 sont natifs du pays de Molière, soit plus de 34% d'entre eux – près de 8% du nombre total de participants. Et 55 sont nés en région Île-de-France, soit plus de la moitié d'entre eux (plus de 55%). Cela ne présage en rien d'un nouveau sacre, mais cela démontre que la France détient la place symbolique que le Brésil occupait hier, le surpassant même très largement. Cette année, lorsque le jeune Ayyoub Bouaddi, barré par Aurélien Tchouaméni (Real Madrid), Adrien Rabiot (AC Milan), l'inépuisable N'Golo Kanté (Al-Ittihad), Warren Zaïre-Emery (double champion d'Europe avec le Paris SG), et enfin Manu Koné (AS Roma), a annoncé qu'il rejoignait la sélection du Maroc, il a pris le temps de s'en expliquer sur les réseaux sociaux. Il a parlé du début d'une « nouvelle étape, avec encore plus de travail, d'exigence et de responsabilités ». « Je suis conscient du privilège que j'ai de défendre ces couleurs et je donnerai tout pour représenter au mieux mon pays », a assuré le jeune homme, avant d'adresser « une pensée » à son autre nation : « Mon choix n'enlève en rien la fierté et la reconnaissance d'avoir pu porter ce maillot (celui des Bleus, NDLR) en jeunes. Je suis et resterai toujours fier de ma double culture, de mon parcours et de mes racines. » Une génération qui assume plus ouvertement sa complexité Les joueurs de football formés par la France n'ont jamais été aussi forts, et ils sont également diplômés, à l'image du surdoué Bouaddi, ou d'un Jules Koundé, sans oublier Kylian Mbappé, diagnostiqué dès son plus jeune âge. Peu avant le début de la Coupe du monde, en match amical à Nantes, la France avait l'honneur de recevoir la Côte d'Ivoire. Et dans le onze de départ des Éléphants, un joueur du nom de Guéla Doué avait alors surpris tout le monde, en entonnant à la fois l'hymne de sa sélection nationale, mais aussi La Marseillaise de l'adversaire. Et pour cause, cet international ivoirien est né à Angers le 17 octobre 2002. Il évolue en qualité d'arrière droit au Racing Club de Strasbourg, en Alsace. Ce soir-là, un joueur doté au départ de trois nationalités, sur le plan sportif, avait ouvert le score pour les Bleus. Mais en deuxième mi-temps, c'est Guéla Doué qui avait finalement donné la victoire aux siens. Sur le banc de touche tricolore, ce soir-là, la caméra s'était fixée sur son frère cadet, Désiré Doué, figure décisive du double sacre du PSG en C1... et jouant pour la France, ce jeudi contre le Maroc.
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